Après des années de montée en puissance des hyperscalers américains, un nombre croissant de DSI réévalue ses dépendances, sous la pression des réglementations européennes, mais aussi par logique opérationnelle. Voici pourquoi le choix d’un hébergement cloud souverain en France mérite une attention sérieuse.

  • Le RGPD impose de protéger les données personnelles des résidents européens, y compris lors de leur hébergement.
  • Le Cloud Act américain (2018) permet aux autorités US d’accéder aux données hébergées chez AWS, Azure ou Google Cloud, même si les serveurs sont en Europe.
  • Un hébergeur est véritablement souverain s’il est de droit français/européen, sans maison mère soumise à une législation extraterritoriale, et si ses infrastructures sont physiquement en UE.
  • Les certifications ISO 27001, HDS et la qualification SecNumCloud (ANSSI) sont les principaux indicateurs de confiance à vérifier.
  • Sur le coût total (TCO), l’hébergement souverain est souvent compétitif une fois les egress fees et les surcoûts de conformité RGPD pris en compte.

Dans certaines situations, le choix de l’hébergeur n’est pas laissé à la discrétion de l’organisation. Deux cadres réglementaires l’imposent ou le conditionnent fortement.

Cloud souverain

Entré en vigueur en mai 2018, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) encadre la collecte, le traitement, le stockage et le transfert des données personnelles des citoyens européens. Il impose notamment que ces données soient protégées par des garanties équivalentes au niveau européen, quel que soit le pays où elles sont hébergées.

Faire héberger ses données en France (ou plus largement au sein de l’Union européenne) est la manière la plus directe de garantir cette conformité, sans avoir à documenter des mécanismes de transfert complexes comme les clauses contractuelles types (CCT).

Adopté en 2018 aux États-Unis, le Cloud Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act) autorise les autorités américaines à exiger l’accès aux données stockées par des fournisseurs soumis au droit américain, quelle que soit la localisation physique de ces données. En d’autres termes : si vos données sont hébergées chez AWS, Google Cloud ou Microsoft Azure, elles restent dans le périmètre du Cloud Act, même si les serveurs sont en Europe.

Ce texte crée une tension directe avec le RGPD, et place les organisations européennes face à une exposition juridique qu’elles sous-estiment souvent.

Au-delà du Cloud Act, d’autres législations américaines (Foreign Intelligence Surveillance Act, PATRIOT Act) peuvent ouvrir des accès aux données d’entreprises étrangères hébergées chez des prestataires soumis au droit américain. La CNIL recommande explicitement de recourir à des prestataires exclusivement soumis au droit européen pour traiter les données sensibles.

Pour les organisations qui gèrent des données de santé (HDS), des informations financières ou des données liées à des infrastructures critiques, cette exposition n’est pas théorique.

La concentration du marché cloud autour de quelques acteurs américains génère une dépendance technologique qui se manifeste à plusieurs niveaux : coûts de sortie (egress fees), lock-in propriétaire, évolutions tarifaires unilatérales. Réduire cette dépendance passe par l’intégration de solutions cloud souveraines dans l’architecture globale, sans nécessairement rompre toutes les relations avec les hyperscalers.

Lorsque vous pensez hébergement, je le sais… vous pensez aux GAFAM. Mais, au-delà des aspects juridiques que nous avons vus, il y a d’autres raisons pour lesquels vous devriez penser à faire héberger vos données en France.

Un hébergement localisé en France réduit mécaniquement la distance entre les serveurs et les utilisateurs finaux. Pour les applications web à fort trafic, les outils métiers accessibles en SaaS ou les plateformes de gestion de contenu, cette proximité se traduit par des temps de réponse améliorés et une meilleure expérience utilisateur.

Les prestataires français offrent un support en français, des équipes techniques accessibles dans les mêmes fuseaux horaires et une meilleure compréhension du contexte réglementaire local. En cas d’incident, cette proximité facilite la communication et réduit les délais de résolution.

Les datacenters français sont soumis aux réglementations environnementales européennes, et de nombreux hébergeurs souverains s’appuient sur le mix électrique français, qui bénéficie d’une part significative d’énergie bas carbone. Pour les organisations engagées dans une démarche RSE ou soumises à des obligations de reporting environnemental, c’est un paramètre à intégrer dans l’évaluation.

L’idée selon laquelle les hyperscalers américains seraient systématiquement moins chers mérite d’être nuancée. Si les tarifs d’entrée peuvent sembler attractifs, les coûts réels sur la durée incluent des paramètres souvent sous-estimés lors des comparaisons initiales :

  • Les egress fees : un coût invisible qui s’accumule : transférer des données hors du cloud d’un hyperscaler génère des coûts variables qui s’accumulent significativement à l’échelle.
  • Le coût caché de la mise en conformité RGPD : documenter et maintenir des mécanismes de transfert conformes au RGPD représente un effort interne non négligeable.
  • L’absence de visibilité tarifaire : les modèles de facturation à l’usage des hyperscalers rendent les prévisions budgétaires complexes.

Un hébergement souverain, souvent proposé sur des bases forfaitaires transparentes, offre une meilleure lisibilité budgétaire sur le moyen terme.

FAQ sur l’hébergement souverain

Un hébergement souverain désigne un service d’hébergement de données opéré par une entreprise soumise exclusivement au droit européen, dont les infrastructures sont localisées en Europe, et qui garantit que les données ne sont pas accessibles à des autorités étrangères.

Toute organisation qui traite des données personnelles de résidents européens est soumise au RGPD, et donc potentiellement concernée. Mais certains secteurs sont soumis à des obligations renforcées : les établissements de santé doivent héberger leurs données de santé chez un prestataire certifié HDS ; les organismes d’importance vitale (OIV) et les entités couvertes par la directive NIS 2 doivent démontrer la maîtrise de leur chaîne d’hébergement. Au-delà des obligations légales, toute entreprise dont l’activité repose sur des données sensibles (financières, RH, clients) a intérêt à évaluer son exposition au Cloud Act américain.

Le Cloud Act (2018) autorise les autorités américaines à exiger l’accès aux données stockées par des entreprises soumises au droit américain, quelle que soit la localisation physique des serveurs. Cela signifie que des données hébergées en France chez AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud peuvent légalement être transmises à des autorités étrangères, sans que l’entreprise cliente en soit informée. Cette exposition ne peut être levée qu’en choisissant un hébergeur de droit français, non soumis à la juridiction américaine.

Un hébergement souverain repose sur trois critères cumulatifs : les serveurs doivent être physiquement situés en France ou dans l’Union européenne ; la société qui les opère doit être de droit français ou européen, sans maison mère soumise à une législation extraterritoriale (notamment américaine) ; et les données ne doivent pas transiter par des infrastructures hors UE. Certains référentiels permettent de vérifier ces critères : la qualification SecNumCloud de l’ANSSI est la plus exigeante, mais d’autres certifications comme ISO 27001 ou HDS constituent également des indicateurs de confiance.

Pas nécessairement, une fois les coûts complets pris en compte (frais de sortie, mise en conformité, support). La comparaison pertinente s’effectue sur le coût total de possession (TCO) et non sur les seuls tarifs d’infrastructure.

SdV propose des solutions d’hébergement cloud souverain en France, adaptées aux contraintes des organisations publiques, des établissements de santé et des entreprises soumises à des exigences réglementaires.