Cet article répond depuis un angle particulier : celui d’un hébergeur qui a réalisé cette migration sur sa propre infrastructure de production, avant de la proposer à ses clients. Pas de promesse commerciale, une expérience vécue, avec ses difficultés. 

Migration VMware vers Proxmox : retour d'expérience sur 1200 VMs migrées en production 

En résumé 

SdV a migré l’intégralité de son infrastructure VMware vSphere vers Proxmox VE c’est à dire 1200 VMs sur 2 datacenters, en stretched cluster Ceph, avec moins d’une minute d’interruption par VM. Ce retour d’expérience détaille les choix faits, les vraies difficultés rencontrées, et ce qu’ils impliquent concrètement pour votre projet. 

Le rachat de VMware par Broadcom en 2023 n’a pas été une simple opération financière. Pour des milliers de DSI, il a représenté une rupture de contrat de fait : suppression des licences perpétuelles, passage forcé à des abonnements annuels par CPU, et dans de nombreux cas une multiplication des coûts par trois à cinq, sans contrepartie fonctionnelle.

Selon Gartner, plus de 50 % des clients VMware envisageaient d’évaluer des alternatives en 2024. Ce mouvement n’est pas idéologique. Il est pragmatique : quand un éditeur décide unilatéralement de changer les règles, la résilience d’une infrastructure impose d’envisager d’autres options.

SdV est un hébergeur français indépendant, fondé en 1985, certifié ISO 27001 et HDS, premier hébergeur de presse en France. Nos infrastructures supportent des environnements critiques : presse, santé, industrie, secteur public. Autrement dit, nous opérons avec les mêmes contraintes de disponibilité que nos clients.

« Nous ne proposerons à nos clients que ce que nous aurons d’abord fait nous-mêmes, sur nos propres serveurs, en production. »

Cette condition nous a pris du temps. Elle nous a coûté des nuits de migration. Elle nous donne aujourd’hui une légitimité que les éditeurs ou les intégrateurs sans expérience propre ne peuvent pas avoir.

Nous avons évalué les alternatives, avec les mêmes critères que nos clients : indépendance réelle vis-à-vis d’un éditeur, couverture des cas d’usage de production, accessibilité opérationnelle sans équipe entièrement dédiée, et (dimension non négociable pour un hébergeur HDS) souveraineté de l’infrastructure.

Reproduit exactement le schéma que nous cherchions à quitter : dépendance à un éditeur unique, licence Windows Server obligatoire. La dépendance change de logo, pas de nature.

Performant, mais propriétaire jusqu’au matériel. Couplage logiciel-matériel, licence par nœud élevée : c’est le modèle VMware/Broadcom avec un autre éditeur et un ticket d’entrée similaire.

Open-source, mais dimensionné pour des clouds privés à très grande échelle. La complexité opérationnelle est disproportionnée pour une infrastructure d’entreprise classique : il faut une équipe dédiée à plein temps.

Proxmox VE répondait à l’ensemble de nos critères. C’est cette évaluation rationnelle, et non un enthousiasme idéologique pour l’open-source, qui a motivé notre choix. Fonctionnalités enterprise sans licence additionnelle (haute disponibilité, Ceph, migration à chaud, sauvegarde intégrée). Code source intégralement auditable (AGPL v3). Éditeur autrichien hors juridiction américaine, aucun risque Cloud Act. Pour un hébergeur HDS qui opère des données de santé, cette dimension fait partie des critères techniques au même titre que les performances.

Notre infrastructure n’était pas simple à migrer. Un stretched-cluster vSAN sur VMware vSphere, réparti sur deux datacenters alsaciens, avec toutes les exigences de résilience et de continuité que cela suppose. Voici ce que cette expérience nous a appris.

  • Préparation : scripts automatisés d’analyse (inventaire complet, dépendances, configurations spécifiques à risque).
  • Conversion : migration VM par VM avec validation intermédiaire. Aucune bascule en masse.
  • Validation : tests systématiques après chaque lot (réseau, sauvegardes, performances sous charge).
  • Post-migration : conversion des formats de disques vers les formats natifs pour retrouver les performances initiales.

La vraie difficulté d’une migration de production n’est pas technologique. Elle est dans la diversité des configurations accumulées au fil des années.

Nous avons rencontré trois difficultés majeures que la littérature technique ne mentionne pas franchement :

  • La gestion du stretched cluster pendant la transition, résolue par une migration site par site avec maintien de la redondance locale.
  • La diversité des configurations VMware : chaque cas particulier a alimenté nos scripts de préparation.
  • L’optimisation post-migration des disques : sans conversion vers le format natif, les performances initiales ne sont pas retrouvées. Étape souvent omise dans les guides.

La question n’est pas de savoir si vous allez rencontrer des difficultés. C’est de savoir si vous les rencontrez seul, en production, sous contrainte de disponibilité.

Nos équipes peuvent analyser votre infrastructure et vous donner une première estimation : inventaire des VMs, dépendances, points de vigilance, sans engagement.

Avant de proposer une migration à un client, nous passons systématiquement en revue les mêmes cinq points. Vous pouvez les appliquer à votre situation.

  1. Votre inventaire VMware est-il à jour ? (versions, configurations, dépendances applicatives)
  2. Avez-vous identifié vos configurations non standards ? (snapshots actifs, disques indépendants, intégrations NSX ou vRealize)
  3. Votre équipe dispose-t-elle de la bande passante pour piloter le projet pendant 2 à 4 mois ?
  4. Avez-vous une fenêtre sans contrainte critique imminente pour opérer la transition ?
  5. Vos SLA de disponibilité sont-ils compatibles avec une migration progressive par lots ?

Si vous avez répondu « non » ou « je ne sais pas » à plus de deux de ces questions, une migration sans accompagnement présente des risques opérationnels réels, indépendamment des aspects techniques.

Avant de faire notre choix, nous avons construit ce tableau pour notre propre usage. Nous le partageons tel quel.

CritèreVMware vSphereProxmox VE
COÛT
Licences hyperviseurAbonnement annuel / CPU, hausse ×3 à ×5 depuis BroadcomOpen-source gratuit, support optionnel
Stockage & sauvegardevSAN, vCenter, NSX : facturés séparémentCeph, HA, Proxmox Backup Server : inclus nativement
Prévisibilité budgétaireSoumise aux décisions BroadcomStable, aucune dépendance éditeur
TECHNIQUE
HyperviseurESXi propriétaireKVM open-source, noyau Linux
Stockage distribuévSAN (licence additionnelle)Ceph intégré nativement
SauvegardeVeeam, licence par VM/socketProxmox Backup Server, inclus, sans redevance
HA multi-sitesvSphere HA + vSAN Stretched Cluster (payant)HA intégré + Stretched Cluster Ceph (inclus)
SOUVERAINETÉ
Code sourcePropriétaire, non auditableOpen-source AGPL v3, intégralement auditable
Dépendance éditeurForte, Broadcom décide des tarifs et de la roadmapNulle, pas de vendor lock-in
Droit extraterritorialRisque, droit américain applicable (Cloud Act)Réduit, éditeur autrichien hors juridiction US

Chiffres indicatifs basés sur les tarifs publics VMware vSphere Foundation en vigueur en 2024. Infrastructure type : 4 serveurs biprocesseurs (8 licences CPU), environ 150 VMs, une configuration courante dans les DSI françaises de taille intermédiaire.

Poste de coûtAvant BroadcomDepuis 2024, BroadcomProxmox VE (open source)
Licences hyperviseur (8 CPU)~36 000 € (achat unique)~46 000 €/an0 €
Stockage distribué + sauvegarde~30 000 € + ~6 000 €/anInclus VVFInclus natif
Support / maintenance~8 500 €/anInclus~2 000 €/an (optionnel)
Coût total estimé sur 3 ans~110 000 €~156 000 €~6 000 €
Risque de hausse futureFaible (licences perpétuelles)Élevé (décision Broadcom)Nul

Note : les économies réalisées sur les licences couvrent généralement plusieurs années d’accompagnement professionnel pour la migration et l’infogérance, tout en éliminant le risque de hausse tarifaire future.

Notre accompagnement est construit sur ce que nous avons vécu, pas sur une méthodologie générique. Il suit les mêmes quatre phases que celles que nous avons appliquées à notre propre infrastructure.

  • Audit préalable : inventaire complet de vos VMs, identification des configurations non standards, analyse des dépendances, estimation des risques et du planning. Nous cherchons précisément ce que notre expérience nous a appris à chercher.
  • Migration structurée : par lots, avec validation à chaque étape (réseau, performances, sauvegardes). Interruption maîtrisée, redondance maintenue tout au long du projet.
  • Hébergement infogéré : depuis nos datacenters alsaciens certifiés ISO 27001 et HDS, sans dépendance à un acteur américain. Mutualisé ou dédié selon vos contraintes.
  • Exploitation quotidienne : supervision 24/7, gestion des mises à jour, support technique. Vos équipes n’ont pas à devenir expertes Proxmox.

En combinant Proxmox VE (éditeur autrichien, code auditable, sans dépendance américaine) et un hébergement 100 % français, nous proposons une chaîne souveraine de bout en bout : de l’hyperviseur jusqu’au datacenter. Des acteurs des médias, de l’industrie et du secteur public nous font déjà confiance pour leurs environnements les plus critiques.

Nos équipes ont vécu cette migration de l’intérieur. Elles peuvent analyser votre infrastructure et vous donner une estimation honnête : ce qui est simple, ce qui ne l’est pas, et ce que ça implique pour vos équipes.

Proxmox VE est une plateforme de virtualisation open-source basée sur KVM et LXC, intégrant nativement la haute disponibilité, Ceph, la migration à chaud et une interface web, sans licence additionnelle. C’est la solution que nous avons retenue après évaluation rigoureuse des alternatives à VMware, et que nous opérons en production sur notre propre infrastructure depuis 2023.

Le rachat de VMware par Broadcom a entraîné la fin des licences perpétuelles et une hausse tarifaire souvent multipliée par trois à cinq. Proxmox VE est aujourd’hui l’alternative open-source la plus mature et la plus déployée en environnement d’entreprise, avec un éditeur stable (autrichien, hors juridiction américaine) et un code intégralement auditable.

Les principaux risques sont les configurations non standards (snapshots actifs, disques en mode indépendant), la perte temporaire de redondance inter-site et la dégradation des performances disques si les formats ne sont pas convertis. Ces risques sont maîtrisables avec audit préalable, migration par lots et optimisation post-migration, à condition d’avoir l’expérience pour les anticiper.

Oui. Proxmox VE supporte les architectures en stretched cluster avec Ceph répliqué entre deux sites : réplication synchrone et basculement automatique. C’est l’équivalent du vSAN Stretched Cluster, sans licence additionnelle. C’est précisément la configuration que nous avons déployée sur nos deux datacenters.

Proxmox VE peut être déployé sur des infrastructures certifiées ISO 27001 ou HDS. Son code source auditable (AGPL v3) répond aux exigences des secteurs réglementés. La conformité dépend davantage de l’environnement d’hébergement que de la technologie de virtualisation : c’est pourquoi nous proposons une chaîne complète (hyperviseur Proxmox + hébergement certifié HDS en France).

Pour une infrastructure de taille intermédiaire (50 à 300 VMs), nous planifions généralement 2 à 4 mois de projet, selon la complexité des configurations existantes, les contraintes de disponibilité et la fenêtre de migration disponible. L’audit préalable permet d’affiner cette estimation dès la première semaine.