Données de santé et conformité HDS

En bref

La certification HDS est obligatoire pour tout prestataire qui héberge des données de santé à caractère personnel pour le compte de tiers. Elle couvre 6 périmètres distincts, de l’infrastructure physique à la sauvegarde externalisée, et tous ne sont pas systématiquement couverts par les hébergeurs.

Choisir un hébergeur certifié HDS ne suffit pas : il faut vérifier quels périmètres sont réellement couverts, auditer la chaîne de sous-traitance, et s’assurer que la souveraineté des données est garantie.

HDS V2 est en vigueur depuis mai 2024. La date limite de transition pour les hébergeurs encore en V1 est fixée au 16 mai 2026. Si votre prestataire n’est pas encore en V2, la situation est urgente. En cas de non-conformité, la responsabilité incombe à votre organisation, pas au prestataire défaillant.

Les données de santé ne ressemblent à aucune autre donnée. Elles touchent à l’intimité des personnes : leur état physique et mental, leurs antécédents, leurs traitements. En cas de fuite ou de compromission, les conséquences peuvent être lourdes : atteinte à la vie privée, discrimination à l’embauche ou à l’assurance, perte de confiance envers les structures de soins.

C’est pourquoi la France a mis en place un cadre réglementaire spécifique : la certification HDS (Hébergeur de Données de Santé). Elle s’impose à tous les prestataires techniques qui stockent ou traitent des données de santé pour le compte de tiers : structures de santé, éditeurs de logiciels médicaux, infogéreurs. Et elle va bien au-delà d’un simple label : entre les prestataires, les différences sont importantes, et les questions à poser avant de signer, nombreuses.

Ce guide vous explique concrètement ce que la loi impose, où se situent les risques réels et comment vérifier que votre chaîne d’hébergement est complète. Checklist de conformité en 12 points incluse.

La certification HDS a été créée et est supervisée par l’Agence du Numérique en Santé (ANS). Elle fixe les conditions dans lesquelles des données de santé à caractère personnel peuvent être hébergées par un prestataire externe.

Pour l’obtenir, un hébergeur doit se soumettre à un audit rigoureux mené par un organisme indépendant accrédité par le COFRAC. L’audit couvre la sécurité des infrastructures, la traçabilité des accès, la continuité de service, la gestion des incidents et la conformité au RGPD. La certification est valable 3 ans, avec des audits de surveillance annuels. Ce n’est donc pas une démarche ponctuelle : c’est un engagement permanent, qui engage l’ensemble de l’organisation et pas seulement les équipes techniques.

C’est là où beaucoup sont pris en défaut. La certification HDS n’est pas un bloc monolithique. Elle se décline en 6 périmètres, correspondant aux différents maillons de la chaîne d’hébergement. Un prestataire peut être certifié sur un seul périmètre, sur plusieurs, ou sur l’ensemble.

PérimètreCe qu’il couvre
1. Locaux physiquesSécurité des datacenters : accès contrôlés, protection incendie, alimentation de secours
2. Infrastructure physiqueServeurs, équipements réseau, baies de stockage
3. Plateforme applicativeSystèmes d’exploitation, bases de données, middleware
4. Infrastructure virtuelleMachines virtuelles, conteneurs, environnements isolés
5. Infogérance du SISupervision, maintenance, gestion des incidents au quotidien
6. Sauvegarde externaliséeCopies de sécurité hébergées sur un site distinct, avec le même niveau d’exigence

L’obligation s’applique à tous les prestataires qui hébergent des données de santé pour le compte de tiers :

  • Les structures de santé qui externalisent leur infrastructure (hôpitaux, cliniques, EHPAD, laboratoires, centres de radiologie, cabinets médicaux)
  • Les éditeurs de logiciels médicaux en SaaS qui hébergent des dossiers patients ou des applications traitant des données identifiables
  • Les infogéreurs ou prestataires techniques opérant des systèmes d’information de santé

Dans tous ces cas, la certification de l’hébergeur doit être vérifiée contractuellement : c’est la responsabilité du donneur d’ordre.

Supposons que votre hébergeur principal soit certifié HDS. La question qui suit, et que peu posent, est : fait-il lui-même appel à des sous-traitants ? Ces sous-traitants interviennent-ils sur vos données de santé ? Sont-ils certifiés sur les bons périmètres ?

Le référentiel HDS impose des obligations sur la gestion de la sous-traitance, mais dans la pratique, les organisations ne demandent pas systématiquement la liste des prestataires de leurs prestataires, ni les preuves de certification correspondantes. C’est pourtant la responsabilité du donneur d’ordre, et elle doit être formalisée dans le contrat d’hébergement HDS : liste exhaustive des sous-traitants intervenant sur vos données, preuves de certification sur les périmètres pertinents, et clause imposant une information obligatoire en cas de changement.

Sans ces éléments, vous n’avez pas de visibilité réelle sur votre chaîne de conformité. Et en cas d’incident impliquant un sous-traitant non certifié, c’est votre responsabilité qui sera engagée, pas la sienne.

La certification HDS garantit la sécurité de l’hébergement. Elle ne garantit pas la souveraineté des données.

Certains hyperscalers américains (AWS, Microsoft Azure, Google Cloud) ont obtenu la certification HDS pour certains de leurs services. Cela ne signifie pas pour autant que vos données de santé sont à l’abri de législations extraterritoriales comme le Cloud Act américain, qui peut contraindre ces entreprises à communiquer des données à des autorités américaines, même si elles sont physiquement stockées en France.

La CNIL, l’ANS et le Conseil d’État recommandent de privilégier des solutions souveraines : hébergement dans l’Espace Économique Européen, chez un opérateur non soumis à des lois extraterritoriales conflictuelles. C’est un critère qui prend tout son sens dans le secteur de la santé, où la sensibilité des données et les obligations réglementaires sont particulièrement élevées.

Depuis le 16 novembre 2024, tout nouvel hébergeur candidat à la certification devait viser directement la V2. La prochaine étape est le 16 mai 2026 : c’est la date limite à laquelle les prestataires encore certifiés en V1 doivent avoir basculé. À la date de publication de cet article, cette échéance est imminente.

Si votre hébergeur est encore en V1, la question n’est plus de savoir s’il a un plan de transition : c’est de savoir s’il sera conforme dans les délais. Un prestataire qui n’a pas encore engagé son audit de recertification ne pourra pas tenir l’échéance du 16 mai. Vérifiez son statut sur espace-certification.esante.gouv.fr et anticipez les conséquences contractuelles si sa certification n’est pas à jour.

Pour suivre les transitions en cours, l’ANS a publié une page dédiée à cette échéance : Certification HDS : six mois pour être prêt.

SdV est un hébergeur indépendant français, fondé en 1985. Présent bien avant l’essor du cloud public, SdV a construit son modèle sur un principe simple : maîtriser l’ensemble de la chaîne, des datacenters jusqu’à l’exploitation quotidienne des infrastructures de ses clients.

La norme ISO 27001 encadre la sécurité de l’ensemble du système d’information. La certification HDS vient compléter ce socle avec les exigences propres au secteur santé. Ensemble, elles constituent un cadre de confiance solide, audité et renouvelé régulièrement.

Pas de sous-traitance offshore, pas de dépendance vis-à-vis d’un hyperscaler américain. Les données restent sur le territoire français, dans des infrastructures que SdV conçoit, exploite et maintient.

Les équipes SdV assurent la supervision, la gestion des incidents, les mises à jour et la continuité de service, ce qui correspond aux périmètres les plus exigeants de la certification HDS : l’infogérance (périmètre 5) et la sauvegarde externalisée (périmètre 6).

Traiter avec un hébergeur indépendant à taille humaine, c’est avoir un interlocuteur dédié qui vous connaît et qui connaît son environnement, sans passer par des tickets dans un portail mondial.

Notre guide pratique vous donne les 12 points à contrôler, les risques par catégorie et un cadre pour auditer votre hébergeur actuel. Téléchargement gratuit, sans engagement..

Non. La certification HDS porte sur l’hébergement : la sécurité, la confidentialité, la traçabilité de l’infrastructure. La conformité RGPD de votre application reste de votre responsabilité : base légale du traitement, gestion des consentements, droits des personnes, politique de confidentialité, désignation d’un DPO si applicable. En choisissant un hébergeur certifié HDS, vous couvrez la partie infrastructure. Le reste dépend de votre organisation et de votre éditeur.

Techniquement oui, sous conditions. Certains services d’AWS et Azure sont certifiés HDS pour certains périmètres, mais pas tous. Il faut vérifier périmètre par périmètre. Et surtout, le Cloud Act américain peut exposer ces données à des demandes d’accès par des autorités américaines, indépendamment du lieu d’hébergement physique. Héberger chez un acteur européen non soumis à des lois extraterritoriales reste la réponse la plus robuste.

Oui, c’est l’objet du périmètre 6 du référentiel HDS. Il impose que les sauvegardes externalisées soient hébergées sur un site distinct, avec le même niveau de sécurité et de traçabilité que les données d’origine. Vérifiez que votre hébergeur est bien certifié sur ce périmètre si vous lui confiez vos sauvegardes : ce n’est pas automatiquement inclus dans une certification portant uniquement sur les périmètres 1 et 2.

La définition est plus large qu’on ne le croit généralement. Au sens du RGPD (article 4, paragraphe 15), une donnée de santé est toute donnée à caractère personnel relative à l’état de santé physique ou mentale d’une personne. Cela inclut les informations fournies par le patient lui-même (antécédents, traitements en cours), les données produites par les professionnels de santé (comptes rendus, ordonnances, résultats d’examens), les données d’imagerie médicale (radiographies, IRM, scanners), et les données inférées ou déduites (diagnostic établi à partir d’analyses croisées). Les sauvegardes de toutes ces données sont également concernées, au même titre que les données en production.

HDS V2 est le référentiel publié par l’ANS en mai 2024, plus exigeant sur la cybersécurité et la gestion des sous-traitants. La date limite de transition pour les hébergeurs encore certifiés en V1 est le 16 mai 2026, une échéance imminente à la date de publication de cet article. Si votre prestataire n’est pas encore en V2, vérifiez son statut sur espace-certification.esante.gouv.fr et évaluez les implications contractuelles d’une non-conformité.

La certification HDS est délivrée par des organismes de certification accrédités par le COFRAC. Pour vérifier qu’un hébergeur est bien certifié, demandez son certificat en cours de validité et contrôlez deux points : la date d’expiration, et la liste exacte des périmètres couverts. Un certificat peut être valide mais ne porter que sur un ou deux périmètres, ce qui peut être insuffisant selon la nature de votre projet. L’ANS publie la liste officielle des hébergeurs certifiés HDS sur espace-certification.esante.gouv.fr.